Quand on est petit, on tombe aussi amoureux. Comment réagir en tant que parents?

Tout ce qui touche à la socialisation des enfants me touchent beaucoup. J’espère donner à Mibou le maximum de clés pour faire son trou.
Aujourd’hui, on va parler d’amour non pas chez les seniors mais chez les petits. Grâce à l’équipe des Maternelles, voici quelques morceaux choisis de l’émission du 4 avril 2016 pour mieux comprendre ce qui se jouent dans le coeur de nos enfants et pour nous aussi les parents.

Avertissement : cet article n’est pas une retranscription littérale des propos échangés lors de l’émission. Il s’agit d’une restitution personnelle que j’ai voulue le plus proche des intentions de personnes en présence.

Quand votre bébé chéri fait un snack à la sortie de l’école. Boooouuuuh. On fond!  Mais on est aussi triste voir désarmé face à leur chagrin. Alors, c’est quoi l’amour chez les petits?

Est- ce qu’en tant que parent on ne projette dans les amours de nos enfants seulement, ce qui nous arrangent?

1) Voilà ce que nous livrent les 3 parents présents sur le plateau :

– Virginie, Maman d’Aaron :
Oui l’amour des petits existe. On voit les yeux qui brillent. On sent qu’il y a autre chose.
– Damien, papa de Côme : Ils sont amoureux. Ils se cherchent du regard au parc. Ils ne partent jamais sans se dire au revoir. Ils s’embrassent sur la bouche. On se demande comment réagir en tant que parents mais ce n’est pas quelque chose qu’on encourage. On trouve ça romantique. Je ne veux suis pas pour qu’il embrasse toutes les filles sur la bouche.
– Alice, maman de Léonie : je suis dérangée par le retours des autres parents : alors tu as un amoureux? On met les enfants trop tôt dans l’imitation des parents. Donner une connotation sexuelle trop tôt dérange : éviter les mini mariages avec la robe, la bague. Je ne suis pas pour en parler. Je suis mal à l’aise. Je ne veux pas lui donner une vision formatée de l’amour et de la famille.

2) Que dit l’expert, Didier Pleux, psychologue :

L’alchimie de l’amour chez l’enfant est aussi compliquée que chez les parents. Chez les enfants, il y a un amour romantique, totalement emphatique.
Ils font la différence entre l’amour et l’amitié. Ils savent qu’il y a quelque chose de différents dû à la beauté, leun leadership, l’humour d’un autre enfant.
Ce n’est pas un stade d’évolution car les petites histoires d’amour d’enfant ne se produisent pas pour tous les enfants. Il ne faut pas dramatiser. Il faut que ça reste secret car il risque d’y avoir une sexualisation précoce.
Les enfantts sont entre la fusion et la complétude : par exemple, la petite fille timide fascinée par le petit garçon Don Juan.

Les amours d’enfance développent une capacité de ressentir. C’est une empathie qui n’est pas égocentrique.

Quand on demande à Didier Pleux, qu’est ce que ces histoires d’amour renvoient aux parents, il répond que c’est un mécanisme de projection de soi. Mais il faut faire attention à ne pas donner un langage adulte à ces histoires. Le risque est de donner aux enfants des atouts d’adulte trop tôt. Il faut que ça reste secret.

Il existe aussi des chagrins d’amour qui peuvent laisser des petites séquelles car les enfants ne comprennent pas que l’autre s’intéresse à une autre personne. Ils peuvent faire des raccourcis et croire qu’on ne l’aime plus car il n’est pas beau ou ne parle pas assez…

Et c’est normal d’être triste quand son enfant est triste. Un chagrin d’amour n’est pas une dépression mais une frustration. Il faut lui demander ce qu’il se dit dans ces moments- là pour accéder à ses émotions et parler de faits concrets. Si on laisse l’enfant seul face à ses émotions, il peut faire des petites synthèses et tirer des conclusions qui peuvent influencer sa manière de voir les choses ou de créer une petite fragilité. Mais il n’y a pas de déterminisme.
Il existe des enfants un peu « bourreaux des cœurs ». Il faut être vigilant  au profil dues Don Juan centré sur lui, qui peut être dans une chosification des autres enfants (« J’utilise les autres pour mon bon plaisir ».), mais c’est rare.
Les chagrins d’amour, s’ils sont bien vécus, font grandir la résilience des enfants  qui font leur propre apprentissage, leur propre synthèse des rapports humains.

3) Que disent les enfants de primaire de l’amour (avec beaucoup de pudeur) ?

– Ce n’est pas lui qui me plaisait, c’était son shampooing.

– Ça fait comment d’être amoureux ?
> Ça rend heureux…
> Quand je ne la vois pas, elle me manque un peu.
>  On se fait des bisous, on se fait des cadeaux.
> On ne dit pas toujours parce qu’on est timide et qu’on a peur que sce ne soit pas réciproque.

Pour aller plus loin :
le replay de l’émission Les Maternelles  : http://www.france5.fr/emissions/les-maternelles/diffusions/04-04-2016_472525
Didier Pleux : Les 10 commandements du bon sens éducatif
http://www.odilejacob.fr/catalogue/psychologie/developpement-de-l-enfant/10-commandements-du-bon-sens-educatif_9782738131454.php

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