La fausse couche, encore un truc dont on ne vous aura pas parlé

Les posts sur la vraie histoire de la grossesse se multiplient ainsi que ceux sur l’envers du décor de la vie de maman.
Et cela se comprend. Pourquoi ne pas parler des choses négatives, des choses qui perturbent ? Eh bien tout simplement parce que cela demande un effort pour ne pas tomber dans le pathos. Et puis aussi parce qu’il y a une telle intimité autour de ces sujets qu’on n’a pas forcément envie d’en parler.
Sans tabou et sans pathos, parlons de la « fausse couche » qui est une « vraie couche » même si au bout il n’y a pas de bébé. Parlons-en car ça fait partie de la grossesse et aussi parce que mesdames nous ne sommes pas des machines 100% efficaces comme on voudrait nous le faire croire.
Elle est bien là la magie de la grossesse. Une confrontation de plein fouet avec la réalité de la vie. Rien d’intellectuel. Rien de scientifique. Rien de programmable. Que des envies, des souhaits et de la biologie. Et ce n’est pas rien.
Perso, quand nous avons décidé d’avoir un enfant, j’étais à fond dans le « Y’a plus qu’à s’y mettre » car ce qui me paraissait le plus difficile c’était le projet :
⁃    se projeter dans un autre mode de vie
⁃    construire avec sa moitié une famille
⁃    faire le deuil de sa « liberté »
⁃    accepter de passer par la case baleine à bosses et lâcher son slim
⁃    accepter de vivre à 3 dans un micro appart
⁃    etc, etc.
Après avoir fait la liste des angoisses et y avoir trouvé un moyen de se rassurer à deux, arrive le temps des parties de plaisir qui allaient forcément donner lieu au précipité, au bébé.
On nous bassine toute notre adolescence qu’un battement de cils peut nous faire tomber enceinte, qu’on n’imagine même pas que le contraire puisse être une galère.
« Oui, je sais que la FIV ça existe. Mais moi, ça ne concerne pas ! Moi, quand je veux je suis enceinte ! »
Et c’est vrai, ça se passe comme ça des fois et des fois non.
Des fois, tu as fait ton petit projet de bébé. Tu es allée chez ton super gynéco qui lui aussi de te dit « Y’a plus qu’a… ». Et bim bam boum, c’est le précipité.
Yes !
Tu vérifies : 1er test de grossesse. Prise de sang. Tous les feux sont au vert. C’est parti pour la fatigue, l’odorat développé, les nausées. Tout comme d’hab. T’es bien enceinte.
Et un jour, le doute. Et puis t’oublies par ce que tu sais que quand tu es enceinte ton corps t’envoie des signes pas toujours descriptibles. Et petits saignements. Bon, on va voir le doc. Petite écho de routine. Et non pas de routine. C’est le début de la fin. Le précipité ne se transformera pas en bébé. C’est la fin du marathon.
Bon ! Tristesse, deuil mais pas que.
Il y a aussi « fausse couche ».
Pour celles et ceux qui ne voient pas où je veux en venir, un petit rappel justement sur cette fameuse biologie qui se rappelle à nous quand on tombe enceinte.
En deux mots, pendant les premières semaines de la grossesse, notre superbe corps fabrique le nid qui va accueillir notre futur magnifique bébé.
Et bien ce nid, quand la course s’arrête, vous ne pouvez pas le « recycler » pour une autre fois.
C’est là que le gynéco vous brandit la pilule magique qui va permettre à votre corps de se transformer en station de recyclage.
« Ok mais ça va faire mal ? »
« Un peu. C’est comme des règles douloureuses. Je vous prescris du spasfon. »
« Quoi les Smarties, là ? »
« Oui ! »
Là, je pense que certains gynécos confondent un peu les choses ou sont des mecs, je ne sais pas. Mais la fausse couche, c’est loin d’être ambiance « baby shower ».  Ça va, on ne demande pas une ordonnance pour être dispensée de gym. Juste, on va se mettre le bide à l’envers grâce à la pilule magique et on compare ça à des règles douloureuses.
Là, grosse colère !!!!!
Car ce qu’on ne te dit pas, c’est que cette pilule donne des contractions qui peuvent être de la même intensité que celles pendant le travail lors de l’accouchement. Et ce jour là, on me proposerait de choisir entre la péridurale et le spasfon, je me mettrai à courir direct.
Si un jour, tu croises « fausse couche », demande au moins du codoliprane.
En discutant autour de moi, je me suis rendue compte que « fausse couche » c’est la bonne copine de « Grossesse » et qu’elle s’immisce fréquemment dans les projets de bébé des femmes. C’est la statistique de la nature. Ce n’est pas parce que tu décides d’avoir un bébé que tu l’obtiens. Par contre, à moins d’avoir de réels problèmes de santé, cela ne remet pas en question le projet d’avoir un enfant. Ça met juste un décalage dans le timing et aussi dans les têtes.
Et après, bye, bye « fausse couche ».
PS : après cet article, si tu souhaites avoir l’intégrale sur la fausse couche, je te laisse le soin d’aller te balader sur les sites qui vont bien car il y a des limites à la totale transparence. Et aussi parce que l’histoire des autres n’est pas forcément la nôtre. Et que même si on est prévenu, « chacoune son expérience » comme dirait une copine à moi.

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11 Commentaires

  1. J’ai découvert que c’était « courant » quand mon médecin traitant m’a dit d’attendre 2,5 a 3 mois pour annoncer ma grossesse… Que 70% des femmes faisaient une fausse couche lors de la première grossesse. J’étais choquée du détachement avec lequel il disait ça, il freinait ma légèreté et mon bonheur avec son air grave.
    Je n’y croyais pas, j’étais apeurée, alors que je n’avais rien, qu’il allait bien.
    Ton article est très bien tourné, et finalement si ça avait du m’arriver ou si ça doit m’arriver un jour j’espère trouver un personnel soignant plein d’empathie et de respect pour vivre ce moment difficile…
    On se dit toujours que ça ne peut pas nous arriver mais ce chiffre de 70% est resté gravé…

    1. Courant ne veut pas dire banal. C’est cette subtilité que ne font pas toujours les médecins et parfois aussi la société…

  2. 2 enfants, 4 grossesses. On ne m’avait pas dit que ça pouvait m’arriver… Les autres oui mais pas moi.
    Le premier était mort dans mon ventre et est resté (oui, c’est une « grossesse arrêtée », c’est comme ça que disent les médecins). Personne ne sait pourquoi. « Pourquoi ? Pourquoi docteur ? Pourquoi il est mort ? Pourquoi il est resté accroché à moi ? »

    J’ai la « chance » d’avoir été traité comme un chien à l’hôpital jour-là, ce qui m’a permis de décider d’aller dans le privé et de rencontrer « mon » gynéco qui m’a aidé et soutenu. Il a accessoirement mis au monde mes deux enfants par la suite. 🙂
    Quand j’ai perdu le deuxième, il m’a aidé avec empathie. Rien que ça. Empathie. C’est un homme et il sait. Il sait la souffrance des femmes.

    J’ai l’impression que 80% des femmes de mon entourage ont vécu une fausse couche. Et personne n’en parle.
    Moi j’aurai aimé qu’on m’en parle.

    1. Si les fausses couches sont si fréquentes pourquoi on n’en parle pas. Je sais qu’on ne peut pas tout contrôler et que quand cela arrive, même en étant prévenue, c’est dur à vivre. Mais mettre des mots sur les choses, il me semble, nous fait sortir d’une croyance de toute puissance. On n’est pas des super héro. Et l’interruption d’un projet d’enfant c’est quand même violent. Je trouve que le corps médical devrait savoir accompagner ce moment et pas uniquement médicalement parlant. Un peu d’empathie comme tu le dis, c’est crucial pour de nouveau se lancer dans une future grossesse. Merci pour ton commentaire 🙂

  3. J’ai eu le fameux médicament après ma première fausse-couche et perso ça n’a rien fait… Pas la moindre douleur, pas le moindre saignement et il a donc fallu en passer par le curetage…
    Ceci dit, déjà que c’était dur d’apprendre que le coeur de bébé ne battait plus mais que les médecins me le laissent deux semaines parce que pas de place pour me prendre avant, ça m’a achevé complètement…

    Bon, maintenant je suis enceinte de 7 mois donc je relativise mais je n’oublie pas ma Petite Lueur…

    1. Je redoutais le curtage. Ton histoire a du etre rude psychologiquement. C’est cool que tu sois dans un nouveau projet bébé 🙂

  4. Super texte, « sans pathos ».
    Perso pas de fausse couche, mais d’horribles saignements qui m’ont bien fait peur. Et ce qui m’a aide a traverse ca, c’est de me dire que la nature est bien faite: si mon corps « arrete », c’est qu’il y avait un probleme avec ce bebe la. M’enfin j’etais quand meme bien contente que ca ne se soit pas arrete. Et puis je connais une fille qui a fait des fausses-couches a repetition, et c’etait un probleme de coagulation, mais ca personne n’a pu lui dire pendant 5 ans, parce que personne n’a pense a verifier le truc. Bref.
    ton texte est tres utile, merci!

    1. J’ai une de mes proches qui avait aussi ce problème de coagulation et lors d’une grossesse ça peut être très grave. Sans penser qu’au pire, une grossesse certes n’est pas une maladie mais ça comporte de réels risques. Merci pour ton commentaire.

  5. Ma première fausse, j’ai en effet bien galèré avec le médoc et les contractions, le « truc » ne voulait pas partir !! Par contre, les deux autres, rien du tout, à peine quelques petites contractions pour expulser… Il y en a même eu une ou je suis arrivée à l’hôpital, loeuf avait déjà disparu…!
    Mon expérience à moi ici : https://mereactivedenouveau.com/2016/04/28/ils-pourraient-etre-5/ !!

    1. Ah ouais! Et comment les médecins expliquent ça?

    2. J’ai lu ton post. Quel parcours. J’aime bien quand tu dis que l’enfant s’ ‘accroche à toi. Ca dit que la maman ne fait pas tout. Merci pour ton post.

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